Comprendre la situation du doublage au Québec

 

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2- Comment se fait-il que nous n'ayons pas droit à des doublages québécois pour tous les films présentés sur nos écrans?

Les Québécois comme les Français se partagent un même marché, soit celui du doublage en langue française de films étrangers. Et les revendications des artistes sont les mêmes de chaque côté de l'océan: le droit au travail.

Dans un scénario idéal, les films seraient systématiquement doublés dans chaque territoire où ils sont distribués, et ce, par une industrie locale du doublage favorisant ainsi les artistes locaux. Malheureusement, aux yeux des Majors cela représente un coût additionnel et le doublage québécois leur apparaît trop souvent comme étant un second doublage par rapport à celui (obligé!) qu'ils devront réaliser en France. Ironique, non? Puisque dans les faits, c'est souvent la version française doublée au Québec qui prend l'affiche en premier dans le monde!

Il en demeure que le décret protectionniste de la France à l'égard du doublage de films en salles rend la joute drôlement inéquitable. La loi du marché favorisant déjà l'Hexagone, c'est un peu comme Goliath se défendant contre David...

3- Je veux bien vous aider mais comment faire?  

Puisque les clients des "majors" américains c'est vous, pourquoi ne pas vous plaindre par l'entremise de ce site? Nous vous invitons à écrire une courte lettre à l'attention des majors américains. En tant que consommateur, vous avez le droit d'exiger que tous les films soient doublés au Québec. C'est une question de respect de la société québécoise. Cette lettre sera ensuite adaptée en anglais et transmise aux différents majors américains.

Vous pouvez faire avancer le dossier plus vite que vous ne le croyez!

Envoyez vos lettres à l'adresse suivante: alfredryder@yahoo.fr

4- Quelle est la différence entre un doublage réalisé au Québec et un doublage réalisé en France?  

Au cinéma comme en littérature, on conviendra que la version originale d’une œuvre est préférable à sa traduction. Le doublage d’un film ou la traduction d’un livre représentera donc toujours un compromis. Mais comme la grande majorité des Québécois parlent peu, très peu ou pas du tout l’anglais, nous nous sommes donnés pour tâche de leur offrir un doublage de qualité qui soit le plus fidèle possible à l’original

La langue utilisée en doublage doit satisfaire aux contraintes très techniques et très exigeantes du synchronisme et de la concision. Idéalement, elle ne doit pas être perçue comme telle par le spectateur puisque que le doublage en soi vise à la transparence. Au Québec, nous utilisons un français correct, apparenté au français international, qui permet au spectateur de se concentrer uniquement sur le film en oubliant sa traduction.

Peut-être aurions- nous intérêt, dans certains cas particuliers, à nous rapprocher d'une langue plus québécoise, mais laquelle? Celle de Michel Tremblay, de Normand Chaurette, des Gaspésiens, des Abitibiens? Il y aura toujours un spectateur quelque part pour dire :"Ce n'est pas ma langue!" ou "Ce doublage m'agace!". En outre, l’exportation de nos doublages dans d'autres pays - certaines régions de la francophonie préfèrent nos doublages aux doublages français – nous invite à une plus grande ouverture au plan linguistique. Bien sûr, arriver à trouver une langue de traduction propre au Québec qui tienne compte à la fois du particulier et de l’universel, est un travail réel et difficile : tous les traducteurs et adaptateurs dramatiques vous le diront. Le problème se pose davantage pour certains films dont le niveau de langue est  familier, surtout trivial. Dans le doublage français, le « slang » américain se traduit par l’argot parisien, incompréhensible pour la majorité des spectateurs québécois. En voici un exemple : "Quoi t'as fait tout ce blé en vendant du matos pourri sur le web?". Il est vrai que certains esthètes cinéphiles préfèrent l’argot au français international, le trouvant plus vivant, plus vrai, un brin dépaysant, comme on peut lire aussi parfois avec plaisir un bon San Antonio en fouillant dans un dictionnaire spécialisé, mais la plupart des spectateurs n'ont certainement pas envie de traîner leur dictionnaire au cinéma…

Mais plus encore qu’une simple question de vocabulaire, la spécificité du doublage québécois s’exprime dans les structures de phrases utilisées, l’emplacement des accents toniques propres au français québécois, certaines prononciations, certaines inflexions ou résonances de la voix, tout cela dans le but de traduire le plus adéquatement possible les émotions en fonction de nos propres codes culturels. Bref, il s’agit là de l’âme même du film qui doit être rendue à travers le jeu des personnages. Notre façon de comprendre le texte à traduire, autant dans son esprit que dans sa lettre, est d’ailleurs fort différente de celle des Français, parce que notre manière d’appréhender la réalité nord-américaine est également très différente. Notre proximité au quotidien avec la culture américaine nous permet d’arriver à cette  compréhension de l’esprit de la langue et des mœurs américaines. D’où cette manière de faire qui nous est propre et qui respecte davantage la culture originale du film. En ce sens, un doublage français, aussi bon soit-il, ne pourra jamais vraiment satisfaire le public québécois. Un doublage français se fera presque toujours remarquer, alors qu’un doublage québécois tendra au contraire à se faire oublier. Ce qu’il perdra peut-être en brio, pourra être largement compensé par l’impact intellectuel et émotionnel qu’il aura sur le spectateur.

Merci à Olivier Reichenbach, Sébastien Dhavernas et Pierre Curzi.

5- Pour les réponses aux questions fréquemment posées cliquez ici.

6- Visionnez cette vidéo qui vous permet d'assister à une session de doublage